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 Reliques dentaires de saints chrétiens

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Kouros


Messages : 18
Date d'inscription : 09/01/2012

MessageSujet: Reliques dentaires de saints chrétiens   Mer 18 Jan - 1:30

Quelques reliques dentaires de saints chrétiens
par
Xavier Riaud

La légende de saint Rieul
Premier évêque de Senlis, il est réputé pour ses miracles. Son ministère dure 40 ans à parcourir les forêts avoisinantes et à accomplir toutes sortes de faits prodigieux. Il décède le 30 mars 260. Clovis (465-511) lui fait bâtir une église qui prend son nom. (Mainguy, sans date). A cette occasion, l’évêque Levangius lui aurait remis une dent prise dans la bouche de saint Rieul. Clovis n’aurait pas pu la conserver et aurait été contraint de la remettre dans sa sépulture (Fredeau, 1645).

Le sang de la dent de saint Grat
Grat est un saint évêque d’Aoste dans la région de Nice, né au VIIIème siècle. Saint agraire, protecteur des cultures contre les intempéries et les animaux nuisibles, il est aussi responsable de la translation de la tête de saint Jean-Baptiste. Bonne de Bourbon, mère d’Amédée VII, vouait un culte sans limite à l’évêque valdôtain. Venue consulter ses reliques à Aoste, elle demande à emmener l’une d’entre elles. Il lui est remis une dent. A peine, a-t-elle quitté les lieux que cette dent se met à saigner abondamment. Aussitôt après, une tempête d’une force exceptionnelle se déclenche et contraint la comtesse de Savoie de retourner à Aoste pour restituer le saint organe dentaire (Gauthier, 2002).

Pérégrinations dentaires
« En 1205, Beaudouin, empereur de Constantinople, a vendu à Philippe-Auguste (1165-1223), des reliques religieuses dont une dent de saint Philippe qui a été remise à l’Abbaye de Saint-Denis. (…) Le jeune Charlemagne (747-814) disposait-il d’une dent de saint Jean- Baptiste dans le pommeau de son épée. La Chanson de Roland affirme que Durandal, le glaive de ce chevalier contenait dans son pommeau, une dent de Saint Pierre. (…) Dans un inventaire en date du 4 mai 1792, il est inscrit qu’une dent de lait de Jésus-Christ serait conservée dans un reliquaire de la chapelle du château de Vincennes. De même, une dent
d’enfance de la Vierge serait signalée enchâssée dans un tableau dit de Saint Sébastien (Lamendin, 2006). »

Saint Martial (IIIème siècle)
Parti évangéliser la Gaule, Martial ressuscite des vies, guérit des malades et éteint l’incendie qui détruit la ville de Bordeaux. Il devient le premier évêque de la ville de Limoges. « Guillaume Imbert (1744-1803) revient à Limoges en octobre 1792. Dès le 10 novembre, il est élu officier municipal. En 1793, il est dénoncé comme faux-patriote, ce qui engendre des doutes sur ses motivations politiques. La mission de procéder à l’enlèvement du reliquaire de saint Martial lui est alors confiée. Le 18 novembre 1793, Guillaume et un orfèvre, nommé Jean-Baptiste Robert, se rendent à l’église Saint-Michel-des-Lions où les restes du saint homme demeurent. Les deux hommes ouvrent le reliquaire, jettent le crâne dans un coin et emportent le précieux coffret. Le soir même, Robert revient à l’église et récupère la mâchoire inférieure du saint qui s’était séparée du crâne. Il s’apprête à emmener le précieux chef avec lui, quand il entend un bruit et s’éclipse de peur d’être surpris. Une fois l’intrus parti, l’orfèvre retourne sur place et constate que la tête du saint a disparu. Robert cache ce qu’il a recueilli de la relique dans un mur après en avoir détaché une dent que son épouse souhaite offrir à l’abbé Vrillac, curé de Saint-Michel-des-Lions. Le 19 mai 1803, Imbert meurt en confessant c’est lui qui s’est approprié le chef de saint Martial. Il indique l’endroit où il l’a caché et son souhait qu’il soit remis au curé de Saint-Michel. Le 7 juin, l’évêque de Limoges préside à la reconnaissance de la relique. La mandibule s’imbrique parfaitement dans le crâne et la dent s’ajuste parfaitement dans son alvéole d’origine. La relique est ainsi identifiée. Le 3 juillet, elle est rentrée à Saint-Michel-des-Lions (Lamendin, 2006). »

Saint Géraud d’Aurillac
Saint Géraud d’Aurillac (855-909), fondateur de l’abbaye d’Aurillac, avait en sa possession une collection de reliques. Il s’était notamment procuré une dent de saint Martial. Cette dent, personne n’était parvenu à l’extraire de la mâchoire du saint. Géraud, après une courte prière, l’a extraite tout de suite. Par la suite, il l’a placée sur la droite de son autel (Wagner, 2004).

Une dent éprise de justice
Evêque de Myre en Lycie, saint Nicolas (270-345) est le saint patron des Lorrains, des Fribourgeois et des Russes. Il est à l’origine du personnage du Père Noël. Il est l’auteur de nombreux miracles (http://fr.wikipedia.org, 2008). A Heisterbach, dans le diocèse de Cologne, se trouve une de ses dents. Des moines la portaient dans les villages pour attraper l’argent des fidèles. Ils se moquaient ensuite de leurs dupes. La sainte dent s’est trouvée très sensible à ces profanations et par un grand miracle, le cristal qui contenait la relique est tombé et a cassé de sorte que plus personne n’a osé se promener avec elle, épargnant ainsi les pauvres gens (Collin de Plancy, 1821).

Une dent lumineuse
Saint Quentin est un romain chrétien qui a été martyrisé à Augusta, ville construite à un endroit correspondant à un gué sur la Somme. Saint-Quentin est un important monastère qui prend le nom du saint durant l’époque médiévale et plus tard, une ville qui croît grâce aux pèlerinages qui se font sur la sainte tombe (http://fr.wikipedia.org, 2008). A Saint-Quentin, existe un reliquaire avec une grosse dent tirée du chef de saint Quentin (IIIème siècle) par Eloi, évêque de Noyon en 641. A l’avulsion, la mâchoire a jeté un sang frais et vermeil, et la dent s’est répandue en une grande clarté. L’église a été toute illuminée bien que l’action se soit déroulée au milieu de la nuit. La légende veut que toute la ville ait été éclairée (Collin de Plancy, 1821).

Saint Domnin, guérisseur de la rage
Ancien soldat de Maximilien, il est décapité par celui-ci en 304. Prenant sa tête sous son bras, il aurait franchi le torrent Stirone. A Bergame, la rage est soignée en buvant du vin béni dans un calice dont le pied renferme une dent de saint Domnin de Fidencia (Baudouin, 2006).

Le vol de la dent de Saint Jean-Baptiste
Ramenée d’Egypte par le moine Félix, la tête du baptiseur de Jésus est conservée à Angoulins au sud de La Rochelle. Son crâne est conservé dans une châsse en forme de pyramide. La première abbaye est ainsi fondée sous son autorité. Elle obéit à l’ordre des Bénédictins. Suite aux invasions vikings, elle est emmurée. En 1010, la relique est redécouverte dans sa cache. Lors de la procession qui suit, Théodelin, abbé de la nouvelle abbaye de Maillezais, l'embrasse. Après le défilé des pratiquants, Théodelin la repose, se penche pour un dernier baiser et subtilise une des dents du saint crâne qu'il conserve dans sa bouche. Il la rapporte jusqu'à Maillezais (Boutin, sans date).

Les vipères de saint Amable
Saint Amable était un prêtre de Riom en Auvergne, du Vème siècle. A la fin de sa vie, l’homme d’église n’avait plus qu’une dent qu’il gardait pour la ville de Riom. Cet organe dentaire protège contre les piqûres de serpent. Lorsque pareil événement survenait, la cérémonie se faisait au son de l’église pour dire aux paroissiens de venir. Quelques prières étaient prononcées et la dent était appliquée sur la morsure qui guérissait instantanément (Le Brun, 1750).

Références bibliographiques :
Baudouin Jacques, Grand livre des Saints, Créer (éd.), 2006.
Boutin Emile, « La course aux reliques et les transferts de cultes dans le Haut Moyen-Âge », in Société des Historiens du Pays de Retz, http://paysderetz.online.fr, sans date, pp. 1-4.
Collin de Plancy Jacques-Albin-Simon, Dictionnaire critique des reliques et images miraculeuses, Guien et Cie (éd.), tome 2, Paris, 1821.
Fredeau, tableau « La légende de Saint Rieul », 1645, Cathédrale Notre-Dame, Paris.
Gauthier Claudine, « Saint Grat : étude d’une construction hagiographique dans la maison de Savoie », in Colloque « De la Savoie à l’Europe », Nice, 2002, pp. 167-174.
http://fr.wikipedia.org, Nicolas de Myre, 2008, pp. 1-3.
http://fr.wikipedia.org, Saint-Quentin, 2008, pp.1-17.
Lamendin Henri, Petites histoires de l’art dentaire d’hier et d’aujourd’hui (Anecdodontes), L’Harmattan (éd.), Collection Ethique médicale, Paris, 2006.
Le Brun Pierre, Histoire critique des pratiques superstitieuses, Poirion Librairie, Paris, 1750.
Mainguy Martine, « Saint Rieul, premier évêque de Senlis », in catholique-beauvais.cef.fr, sans date.
Riaud Xavier, collection privée, Nantes, 2006.
Wagner Anne, Les saints et l’histoire, Bréal (éd.), 2004.

Article paru dans le livre ci-après:
Riaud Xavier, Histoires de la médecine bucco-dentaire, L’Harmattan (éd.), Collection Médecine à travers les siècles, Paris, 2010.
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